[Under the Bed] Le petit garçon dans l'internat

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[Under the Bed] Le petit garçon dans l'internat

Message par Christoph » 10 Fév 2007, 01:37

Under the Bed
par Joshua A.C. Newman


Qui? Quand? Quoi?

On a joué à ce jeu de cartes il y a deux-trois semaines, avec Julien (c'est lui qui l'a acheté), Jérôme et Lionel (les habituels lascars).

Oui, un jeu de cartes. Il y a un petit livret de la taille des cartes pour les règles (d'ailleurs, faut les lire quelque fois, y a quelques boulettes) et une série de cartes.

Il s'agit de jouer les jouets d'un enfant et le faire traverser diverses épreuves, jusqu'à la réussite d'un enjeu global que le groupe se fixe en début de partie.
Pour créer un jouet, tirez trois cartes du paquet. Chaque carte porte un qualificatif. Il ne vous reste plus qu'à trouver une petite description de votre jouet.

Chaque joueur met un pion de sa couleur dans un bol. On en tire un au hasard qui désignera le premier joueur a devoir placer une épreuve pour notre gentil moufflet. Une fois l'épreuve décrite, on retire un pion du bol et le joueur ainsi désigné raconte comment l'enfant tente de surmonter l'enjeu.

Votre jouet prête ses qualités à l'enfant, ainsi, il n'est jamais très clair si on joue l'enfant ou le gosse. Ce flou est très intéressant, parce qu'à chaque scène l'enfant agira un peu différemment, comme s'il se cherchait.
Pour chaque qualité que vous incluez dans votre narration, vous gagnez un d8.
Il s'agira ensuite de battre le joueur qui a posé l'épreuve et qui, lui, lance autant de dés qu'il a de pions (donc un seul au début). On compare le meilleur résultat de chaque joueur.

Si le joueur-jouet gagne, il peut choisir d'ajouter une carte à son personnage parmi un certain nombre de cartes posées face visible au début de la partie ou de se rajouter un pion dans le bol dès le prochain tour.
S'il perd, il perd un pion. Si c'était son dernier, le jouet est détruit/oublié/etc et le joueur en crée un nouveau en tirant trois cartes au hasard.

Dès qu'un joueur a 4 pions, il jouera l'enjeu global fixé en début de partie la prochaine fois que son pion est tiré. S'il réussit, la partie se termine et son jouet est déclaré favori de l'enfant.
Si toutes les cartes face visible ont été prises par les joueurs, toutes les scènes suivantes seront au sujet de l'enjeu global, peu importe qui sera amené à la jouer.


Notre petite histoire

Je ne sais même plus comment s'appelait notre gamin. C'était un petit garçon de 5 ans qui vivait dans un internat catholique pour garçons au début du 20e siècle. Nous avions créé 3 PNJ dès le début:
- Le Père, directeur sévère mais juste de l'internat
- Robert, le salaud de service, un grand garçon de 10 ans
- la petite fille derrière la grille

Je me rappelle plus très bien des détails, mais une fois qu'on avait capté les règles, les scènes se sont enchaînées rapidement.
Lionel a perdu son magnifique cheval à bascule dès la première scène parce que Robert ne voulait pas le prêter à notre enfant.
Le pauvre diable est donc sorti jouer dehors dans la cour au sol de gravier avec sa balle (Jérôme) et il voit la petite fille derrière la grille qui le regarde. Tout à coup, le chien d'Edgar le concierge commence à l'aboyer. Notre enfant grimpe le mur après avoir lancé la balle de l'autre côté et part en courant avec la petite fille.
Alerté par son chien, Edgar tente de ratrapper le vilain garnement. Mais il avait pris de l'avance et s'était caché derrière un gros rocher dans un talus. Quand le monsieur furax arrive à sa hauteur, il y avait "malheureusement" l'épée en bois (moi) qui lui fait un croche-pied et l'envoie s'étaler en bas la pente.

Les deux enfants s'enfuient et prennent refuge derrière un petit mur en pierre. Malheureusement la petite fille a peur de notre petit garçon et de son épée et s'enfuit rapidement chez elle. J'ajoute "Triste" à mon jouet (plutôt que de prendre un pion).

Et ainsi de suite.

Entre autre, le train en bois de Julien permet d'éviter un cauchemar, l'épée en bois tape sur les doigts de Robert, et j'en oublie.
Progressivement, les jouets se sont faits moins présents et on se concentrait sur notre petite peste.

Il revoit la petite fille avec sa maman. Enjeu: allait-il obtenir un câlin de la maman sans rendre la petite fille, Sarah, jalouse?
Oui! Il s'étale magnifiquement dans le gravier, et la mère vient l'aider à se relever et à enlever les petits cailloux dans ses genoux éraflés. Puis elle lui fait un bec. Sarah reste à l'écart mais ne fait pas de crise.

Ensuite il y a une entrevue avec le Père, parce que décidément, il a fait mal à Edgar et Robert et que ça ne se fait pas. Je crois que c'était Julien et son petit train de bois qui l'ont inspiré à mentir et à être relâché pendant un moment.

Quelques scènes plus tard, on remarque que le garçon devient plus confiant en lui. Il crie le nom de Sarah depuis la fenêtre du dernier étage à qui veut l'entendre et quand les grands le harcèlent de "ouh il est amoureux!" il répond simplement "oui", fermant le clapet aux grands.

Il prend son courage à deux mains et se décide d'aller confesser ses bêtises au Père. Je ne sais plus qui le jouait à ce moment, mais c'était un échec au dé. Interprétation: "Je n'ai pas le temps maintenant, reviens plus tard" ...

Jérôme, qui avait tiré un nouveau jouet aux caractéristiques lamentables (stupide, lent à la détente et je ne sais plus quoi) raconte comment de rage il envoie un coup de pied dans la porte du bureau du Père et s'enfuit en courant.
Le Père semble comprendre que quelque chose ne va pas et le rattrape.
Comme les 4 cartes face visible étaient tirées, Jérôme devait répondre à l'épreuve finale: "Vais-je me plaire ici?"
Succès! Le Père l'écoute, puis console l'enfant en lui pardonnant ses bêtises.


Pensées

J'aime énormément ce genre de petites histoires. Le fait que nous jouions tous un seul et même personnage ajoutait ce côté intime à l'histoire tout en donnant de l'épaisseur à l'enfant.

J'ai aussi beaucoup aimé le système avec les pions dans le bol pour déterminer qui répond à l'épreuve (posée par le dernier à avoir répondu).

J'aime nettement moins le fait que les mécanismes poussent à inclure toutes nos caractéristiques, parfois au prix de la vraisemblance, pour obtenir un maximum de dés.
C'est pour cela que j'ai choisi de m'ajouter une quatrième carte. Plusieurs joueurs ont volontairement renoncé à obtenir tous leurs dés pour ne pas exagérer la narration.
J'aurais préféré un mécanisme plus harmonieux, mais dans les faits, il est souvent suffisant de lancer deux dés quand l'épreuve n'en comporte qu'une. Après, comme elle ne peut en comporter plus de deux (on scinde en une deuxième épreuve avec le même enjeu si le joueur-enjeu a trois ou quatre pions), il suffit en général d'en avoir trois, ce qui est facilement jouable si on dispose de 4 cartes-qualités.

C'est un peu le même reproche que je fais à The Shab al-Hiri Roach: le joueur est incité à surenchérir pour obtenir un max de dés. Dans le cas de Roach, ça peut ne pas trop poser de problème si on est de toutes façons partis pour une comédie noire et burlesque.


Pour finir, une remarque sur le rythme et le temps de jeu: notre partie a duré environ 3h si je me rappelle bien, peut-être même un peu moins. Il y a eu pas mal d'événements tout de même grâce aux règles demandant de poser un enjeu clair avant de tirer le pion du joueur-jouet qui doit y répondre.
Et tout cela se fait sans trop se fatiguer, parce qu'un seul joueur est véritablement actif à la fois, les autres peuvent tranquillement écouter. Certaines parties de The Pool ou AFdR me laissaient complètement épuisées mentalement tellement elles étaient intenses. J'apprécie donc ce changement de rythme, et je suspecte que ça peut très bien passer pour initier des non-joueurs.
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Message par Frédéric » 10 Fév 2007, 13:30

Wah, cool, c'est une sorte de toy story mais en moins "héroïque". ^^

Par contre, il va peut être faloir que je relise la fin, j'ai rien compris aux descriptions relatives au système... ^^

Plus précisément, qu'est-ce qui fait qu'on est tenté d'intégrer artificiellement toutes les caractéristiques ?
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Message par Christoph » 10 Fév 2007, 14:48

Ok, prenons cet exemple de situation:

Julien doit raconter une épreuve, admettons: Robert parle avec Sarah, va-t-il devenir son amoureux?

Je dois répondre, je joue une épée en bois décrite par:
- Courageuse
- Fougueuse
- Maladroite

J'aurai tout intérêt à décrire le courage, la fougue ET la maladresse de l'enfant/jouet pour obtenir 3d8 à opposer au 1-2 d8 de Julien (selon le nombre de pions qu'il a).

Si je tente de décrire la compréhension, la subtilité et la manipulation de l'enfant, je ne gagne rien.

Alors, c'est pas le fait que l'on soit incité à jouer dans son personnage qui m'ennuie, mais que ce soit aussi direct et... répétitif d'une scène à l'autre.
Surtout quand on ne peut pas se permettre de perdre (vu qu'on perd vraiment un pion).
Disons qu'il y a plus élégant que ce système. Pour reprendre l'increvable Dogs: tu as beaucoup de Traits parmi lesquels choisir, il n'y a souvent pas besoin de les utiliser tous (surtout si t'arrives à convaincre l'adversaire de se coucher) et même si tu perds, ton personnage peut en sortir grandi.


L'avantage indéniable, c'est que dans UtB c'est simple et comme ça s'applique toujours au même enfant, ça lui donne une palette assez vaste de caractère au niveau de la partie entière.
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