Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

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Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Fabien | L'Alcyon » 13 Nov 2012, 21:05

J'ai expliqué dans mon précédent message de la manière de publier un jeu en essayant de vous transmettre ce que j'ai appris.
Ici, je vais vous exposer en détail mon modèle économique, c'est-à-dire de ce que me coûte et me rapporte Monostatos et des choix que j'ai fait. J'ai déjà eu hors du forum de nombreuses discussions à ce sujet, j'invite donc celles et ceux qui le souhaitent à exprimer leur point de vue sur le sujet et à venir en débattre !
Je crois que le milieu du jdr ne parle pas assez ouvertement de ces questions, qui sont pourtant essentielles si on veut que notre loisir soit économiquement viable. Ce non-dit est d'autant plus dommageable que finalement il empêche d'entrer ceux qui n'y connaissent rien et ne connaissent personne pour leur transmettre ces informations. Donc, pour l'indépendance, partageons ces informations et parlons d'argent.

Objectifs
Je me suis posé deux objectifs en réfléchissant à mon modèle:
  1. Je ne veux pas avoir à prendre de risque financier, c'est-à-dire que je veux n'avoir à avancer que des sommes limitées, si possible rien du tout. Ainsi, si Monostatos se plante, ce ne sera qu'une blessure d'orgueil.
  2. Je veux pouvoir rémunérer correctement mes partenaires et pouvoir encore me payer des déplacements en convention. Faire un bénéfice au-delà n'était pas dans mes objectifs, tout simplement parce que je ne cherche pas à vivre de cette activité.
Comme on va le voir, dans l'ensemble, mon modèle me permet largement de respecter ces objectifs.

Pour faire les choses de la manière la plus claire possible, je vous propose de faire le tour des différents coûts, puis de voir comment cela s'insère dans le reste de la commercialisation.

Coûts

Coûts variables
Un ouvrage de Monostatos coûte 4€12 à imprimer chez Lulu. C'est dû notamment au fait d'utiliser un format A5 qui est un des moins coûteux proportionnellement au nombre de pages (n'hésitez pas à faire plusieurs simulations avec l'outil de création de livre de Lulu).
Je rémunère Tresadenn 2€ par ouvrage vendu (= tous les ouvrages à l'exception des exemplaires presse et de l'exemplaire pour le dépôt légal). Je lui fais les versements après la vente, dès que le total a atteint une somme significative. Je ne connais pas les tarifs et les pratiques associées au monde l'illustration, mais si Monostatos atteint les 100 exemplaires vendus, Tresadenn aura été rémunéré 200 euros pour un logo, une illustration de couverture et 11 illustrations intérieures ; et plus, si le jeu marche mieux. De mon point de vue, c'est un effort réel mais proportionné. Le gros avantage de ce mode de rémunération pour dire les choses clairement, c'est que c'est Tresadenn qui prend les risques pour son travail. Si Monostatos se plante, il aura travaillé pour rien (ou trop peu). Au contraire, si le jeu marche bien, il sera bien rémunéré. Dans tous les cas, je suis protégé à moindre frais. Merci à Tresadenn de sa confiance.

Coûts fixes
Comme je l'ai déjà dit, mon abonnement à OVH pour héberger mon site me coûte 28€56, TVA comprise.
Il y a également d'autres coûts moins visibles tels que les exemplaires presse (j'en ai distribué 7 à l'heure actuelle), ainsi que les éventuels vols (je me suis fait chourrer un exemplaire jusque là durant une convention).
Bien que la situation ne se soit pas présentée jusque là, je rémunèrerai également celles et ceux qui vendraient Monostatos pour moi (sur des conventions auxquelles je n'ai pas accès par exemple), comme je le fais pour Prosopopée et Sens. En ce qui me concerne, je proposerai une commission de 2€ par exemplaire vendu ainsi par quelqu'un d'autre, en prenant sur moi les risques (en cas de perte, vol ou si simplement les ouvrages ne se vendent pas). Autre avantage de Lulu de ce point de vue: je peux l'expédier directement chez vous, je n'ai pas besoin de vous les apporter ou vous les envoyer. Comme c'est une question de grande confiance, donc ça exige que je connaisse bien la personne.
Il y a enfin des coûts fixes liés au déplacement en convention (si vous en faites), essentiellement les billets de train, et de manière secondaire l'hébergement (pour lequel on trouve toujours un arrangement) et la nourriture.

Coûts propres à la livraison chez moi
Lulu vous permet de commander des exemplaires en quantité pour en vendre en convention. C'est le seul investissement financier que j'ai jamais eu à faire pour mon jeu et j'ai pu l'étaler dans le temps en fonction du succès de mon jeu.
Lorsque je commande des exemplaires de Monostatos sur Lulu, je pense d'abord à guetter les réductions Lulu. Une réduction de 20%, comme ce qu'ils proposent parfois, peut faire radicalement baisser le coût moyen des ouvrages. Si vous combinez ça avec la réduction du prix d'impression des ouvrages lorsque vous dépassez certains seuils d'impression, vous pouvez vraiment faire des affaires ! (cf. exemples ci-dessous)
Je paie des frais de ports, proportionnels au poids de la commande, c'est-à-dire aux nombre d'exemplaires envoyés. Pour les gros envois, préférez l'envoi par UPS, moins cher et plus rapide que La Poste.
Il y a également la TVA sur les exemplaires (après réduction), soit 7%, ainsi que la TVA sur les frais de port, soit 19.6%
Pour vous donner une idée de ce que ça représente, voici le décompte des trois commandes que j'ai effectuées jusqu'ici:

Commande 1 : 20 exemplaires
Prix des exemplaires avant réduction : 82€40

Pourcentage de réduction(*) : 17.5%
Réduction : 14€46
Prix des exemplaires après réduction : 67€94
TVA (7%) sur les exemplaires : 4€76
Frais de port : 28€99
TVA (19.6%) sur les frais de port : 5€68
Total : 107€37
Coût complet d'un exemplaire : 5€37


Commande 2 : 30 exemplaires
Prix des exemplaires avant réduction : 123€60

Pourcentage de réduction(*) : 8%
Réduction : 9€89
Prix des exemplaires après réduction : 113€71
TVA (7%) sur les exemplaires : 7€96
Frais de port : 35€99
TVA (19.6%) sur les frais de port : 7€05
Total : 164€71
Coût complet d'un exemplaire : 5€49


Commande 3 : 40 exemplaires
Prix des exemplaires avant réduction : 164€80

Pourcentage de réduction(*) : 26.4%
Réduction : 43€50
Prix des exemplaires après réduction : 121€30
TVA (7%) sur les exemplaires : 8€49
Frais de port : 42€99
TVA (19.6%) sur les frais de port : 8€43
Total : 181€21
Coût complet d'un exemplaire : 4€53


(*) La réduction combine la réduction promotionnelle proposée temporairement par Lulu, et la réduction dû au nombre de livres commandés, proposé systématiquement. Vous voyez d'ailleurs qu'en m'y prenant au bon moment et avec le bon nombre d'exemplaires, j'ai réussi à faire une bien meilleure affaire avec la commande 3 qu'avec la commande 2 ; cela a d'importantes conséquences sur le prix unitaire du livre, donc sur ma marge nette finale [pour rappel: marge nette = marge brute - rémunération des collaborateurs (illustrateur ici) et marge brute = prix unitaire - coûts d'impression].

Coûts propres à la commande du client vers Lulu
Lorsqu'un client achète un exemplaire de Monostatos directement sur Lulu.com, il paie le prix du livre (15€), la TVA sur ce prix (7% de 15€ soit 1€05), les frais de port (3€99) et la TVA sur les frais de port (19.6% de 3€99, soit 0€78). Donc il paie effectivement 20€82. Bien que rien de tout ceci ne m'affecte directement, je dois en prendre compte dans le prix final du livre.
Pour la distribution, Lulu prend 20% de la marge brute (c'est-à-dire prix moins coûts d'impression), soit (15€ - 4€12)*20% = 2€18 par exemplaire. Je trouve que c'est un très bon deal, puisque cela m'évite de devoir m'occuper de la VPC moi-même - et je vis dans un appartement trop petit avec un emploi du temps trop chargé pour m'occuper de ça.

Mon revenu par exemplaire
Un exemplaire de Monostatos vendu de la main à la main (convention, etc.) me rapporte donc entre 7€63 (commande 1), 7€51 (commande 2) et 8€47 (commande 3), soit respectivement, 51%, 50% et 56% de marge nette.
Un exemplaire de Monostatos vendu sur Lulu me rapporte donc 6€70, soit 45% de marge nette (mais je n'ai pas à faire de commercialisation, contrairement au précédent).
Dans tout ceci, je compte bien l'ensemble de coûts variables, mais pas les coûts fixes qui restent à payer.
A nouveau, j'aimerais qu'on puisse comparer cela à ce que gagne un auteur non-indépendant, afin d'avoir un vrai débat sur ce que rapporte l'indépendance, mais on ne dispose d'aucun chiffre fiable.

Commercialisation

Choix du prix
J'ai choisi un prix relativement faible pour Monostatos, 15€, pour plusieurs raisons. Comparons avec d'autres ouvrages de format et de nombre de pages comparable (j'ai choisi des éditeurs francophones publiant des ouvrages de formats comparables à celui de Monostatos):
  • Monostatos (L'Alcyon), format A5, 116 pages, 15€
  • dK² (John Doe), format 170x260mm, 128 pages, 25€
  • Notre Tombeau (John Doe), format A5, 80 pages, 15€
  • Fiasco (EDGE), format 148x220mm, 130 pages, 19€95
  • Dirty Secrets (Boîte à Heuhh), format 160x240mm, 96 pages, 18€
Monostatos est donc bien dans le bas de la gamme de prix. Evidemment, il faut comparer ce qui est comparable: plusieurs de ces livres sont de qualité formelle supérieure à celle de Monostatos (mise en page, présence de rabats, qualité du papier, nombre d'illustrations). Néanmoins, le critère de comparaison pertinent est bien la quantité de matériel ludique fournit par rapport au prix. Je reviens à mon leitmotiv: des ouvrages sobres transmettent tout aussi bien le jeu et à moindre coût pour l'acheteur, tout en permettant à l'auteur de se publier plus facilement. Le nombre de pages reste indicatif de la quantité de matériel ludique apporté par le jeu.
Pourquoi un tel prix ?
Essentiellement afin de faciliter l'accès au jeu. J'ai bien conscience qu'un jeu à autorité partagée représente un risque pour l'acheteur lambda de jdr, qui ne connaît pas forcément de quoi il s'agit et qui n'est pas sûr d'apprécier. Par ailleurs, je suis encore inconnu comme auteur de jdr, donc il est difficile de resposer là-dessus. Enfin, la vente par correspondance empêche la personne d'avoir le livre dans les mains.
Un prix bas est donc la contrepartie du fait que les acheteurs prennent un certain risque en achetant Monostatos, en tout cas un risque plus élevé qu'avec des jeux qu'ils connaissent déjà. Je n'exclus pas d'augmenter progressivement mes prix lorsque je serai de plus en plus reconnu.
Par ailleurs, comme je l'ai dit, le prix réel d'un Monostatos sur Lulu, en tenant compte des frais de port et de la TVA est de 20€82. Comme je passe essentiellement par Lulu, je "force" mes acheteurs à aller dans ce sens, donc il faut aussi que je prenne les choses en compte de ce point de vue-là.
Nous avons eu d'intenses débats hors de silentdrift sur cette question du prix, j'invite les défenseurs d'un prix plus élevé à manifester leur opinion et à en débattre !

Ventes
Au total, au moment où j'écris (13 novembre, soit 54 jours après la publication du jeu), j'ai donc vendu un total de 75 exemplaires de Monostatos. 28 par Lulu et 47 de la main à la main (dont 24 à OctoGônes, 4 à L'Atelier du Jeu de Rôle et 11 aux Joutes du Téméraire). J'en ai acheté 3 pour moi (1 pour jouer, 2 pour offrir) et j'en ai distribué 7 comme exemplaires presse. Il y a donc 85 exemplaires de Monostatos dans le vaste monde.
C'est certainement un chiffre humble pour un jeu de rôle en général, sans doute un peu plus admirable pour un jeu de rôle indépendant. Cela est en partie dû à la difficulté de distribuer mon jeu, qui est sans doute le plus grand obstacle que j'ai encore à franchir. Néanmoins, comme on va le voir, ça ne m'empêche pas de me rémunérer et de voir mon modèle fonctionner.
Mon but est d'atteindre 100 exemplaires vendus, ce qui m'aura permis notamment de rémunérer Tresadenn 200€.

Mon revenu global
J'ai donc vendu 28 exemplaires qui m'ont rapporté 6€70 chacun, via Lulu.
Plus 10 exemplaires de la commande 1 qui m'ont rapporté 7€63 chacun (les dix autres ont servi soit pour que je les offre, soit comme exemplaires presse).
Plus les 30 exemplaires de la commande 2 qui m'ont rapporté 7€51 chacun.
Plus 7 exemplaires de la commande 3 qui m'ont rapporté 8€47 chacun.
A cela il faut enlever le coût les 7 exemplaires des exemplaires presse qui m'ont coûté chacun 5€63 (en tenant compte du fait que Tresadenn ne reçoit pas de commission pour eux).
Il faut également enlever la commission demandée par certaines convention (que je ne détaillerai pas pour des raisons de confidentialité), qui m'a coûté 54€.
Il faut enlever un exemplaire volé de la commande 3, à 6€47 (là non plus, Tresadenn ne perçoit de commission sur les exemplaires volés).
J'ai donc gagné à l'heure actuelle 446€61.
Vous noterez que tous les coûts variables (notamment la rémunération de mon illustrateur Tresadenn) sont inclus dans la marge nette que me rapporte chaque exemplaire.
Dans ce chiffre, je n'ai pas tenu compte des coûts fixes. Dans l'ensemble ils sont négligeables (site Internet...), à l'exception des billets de train pour aller en convention. Néanmoins, j'arrive largement à les rembourser, parce que je veille à ce que mon déplacement en convention reste rentable, en projetant ce que je peux gagner contre ce que me coûte mes billets de train. Je peux faire un déplacement en convention qui ne rembourse pas mes billets si j'estime que cela me permet de faire parler du jeu dans la région et donc de générer à terme d'autres ventes. Cela signifie en particulier que j'arrêterai les conventions lorsque la plupart des personnes susceptibles d'être intéressées par Monostatos auront été touchées. Je ne pense donc faire qu'un seul tour de convention pour Monostatos, mais je pourrai à nouveau le vendre lorsque je ferai d'autres tours de conventions avec mes prochains jeux.
Il faut enfin tenir compte du fait que je n'ai pas encore écoulé les 33 exemplaires restant de la commande 3, qui restent donc des ventes en attentes, dont le coût est de 33*4€53 = 149€49 (il faudrait calculer le coût d'un stock pareil, mais j'ai la flemme d'aller chercher les normes comptables en question, de toute manière peu pertinentes).
Vous noterez que je rémunère mon propre travail relativement mal, au vu du nombre d'heures passées au développement de Monostatos. C'est un choix, de toute manière je crois qu'il serait impossible de rémunérer 4 années de travail, même au minimum horaire légal, sans faire exploser le prix du livre.

Conclusion et piste de réflexion
OK, vous connaissez maintenant tout de mon modèle économique. Que faut-il retenir de tout ces chiffres ? Qu'est-ce que ça signifie pour moi et potentiellement pour nous tous auteurs de jdr indépendants ou pas ?
Pour mon premier point je voudrais pointer le fait que mon modèle marche. Je parviens à publier Monostatos:
  • en étant indépendant
  • en prenant des risques financiers limités (voir le prix des trois commandes)
  • en pouvant rémunérer correctement mes collaborateurs
  • et en me faisant même un peu d'argent.
Vous noterez que j'y arrive alors même que 1. Monostatos est à un prix plancher 2. mes ventes, même si elles sont réelles, restent modestes.
C'est donc un modèle économique pour le jeu de rôle qui fonctionne et qui est financièrement viable sur le long terme (sous certaines conditions et hypothèses). Puisque je ne prends que des risques financiers très limités, je ne peux virtuellement pas de me casser la gueule financièrement si jamais le jeu marche mal. Je ne risque pas d'y engloutir des sommes astronomiques et je n'ai pas besoin de faire appel à une levée de fonds (Ulule...).
La seule ressource (et non des moindres) qui pourrait me faire arrêter c'est le temps et l'énergie. Comme je l'ai dit ailleurs, aller présenter son jeu en convention demande beaucoup d'énergie. Par ailleurs, développer le jeu demande du temps et il faut que notre mode de vie soit adapté en conséquent. A ce propos, je suis parfois étonné de l'argument de gens me disant qu'ils ne veulent pas publier en indépendant leur jeu parce que ça leur prendrait trop de temps, alors que le développement créatif du jeu prend infiniment plus de temps que les quelques efforts nécessaires (et souvent une seule fois) pour publier le jeu (comme j'en parlé ici).

Mon deuxième point concerne justement notre mode de vie comme auteurs. Je ne crois pas que dans l'état actuel du jdr, nous puissions vivre de notre travail, même si, comme je l'ai montré, ça peut être relativement rémunérateur. Par conséquent, il nous faut aussi nous interroger sur la manière dont nous utilisons notre temps pour créer des jeux de rôle. Je voudrais faire appel à un travail de sociologie qui me semble particulièrement pertinent de ce point de vue: La condition littéraire: la double vie des écrivains de Bernard Lahire. Lahire y décrit la vie concrète des auteurs actuels de littérature. Il montre notamment - c'est dans le titre - qu'ils mènent une double vie entre une activité rémunératrice et leur activité d'écrivain - les deux étant bien professionnelles, mais la première permet à la deuxième d'exister: écrivain-journaliste, écrivain-professeur, écrivain-médecin, écrivain-ouvrier... Personnellement, c'est bien comme ça que je vois mon futur d'auteur de jeu de rôle et cette perspective me plaît. J'arrive à faire de ce qui était un loisir épanouissant mais coûteux une activité professionnelle créatrice ET rémunératrice (sans risque financier), que demander de plus ? Je vous invite à réfléchir également à la manière dont vous souhaitez vivre et mener votre carrière de créateur de jeu de rôle.
Pour approfondir sur le travail de Lahire: la description du livre sur le site de l'éditeur ; fiche de lecture ; article plus facile d'accès ; article très sociologique ; entretien avec Lahire.
[Parenthèse féministe: Lahire met entre autres en évidence le fait que l'écrivain se repose parfois sur sa femme. Créateurs, essayons de ne pas répéter ce schéma avec nos compagnes (si vous êtes hétéro et en couple).]

Au plaisir de lire vos questions et commentaires. Je complète ces informations à la demande.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Frédéric » 13 Nov 2012, 23:28

Excellent !
C'est clair et enthousiasmant. Je suis heureux de voir que ça roule pour Monostatos (bon, je le savais, mais là, les chiffres sont convaincants).
Je me collerai à l'exercice quand Prosopopée aura un an d'existence, pour avoir un peu plus de recul.
Je pense qu'il est important d'insister sur le fait que l'indépendance est un modèle viable, même pour quelqu'un comme moi qui boude les conventions. ^^
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par shiryu » 14 Nov 2012, 14:31

félicitation !
Pour fréd pendant que j'y pense : si tu te prêtes à l'exercice dans 1 an, n'oublies pas pour autant de tenir les comptes, ça sera plus facile.

pour fabien, "A ce propos, je suis parfois étonné de l'argument de gens me disant qu'ils ne veulent pas publier en indépendant leur jeu parce que ça leur prendrait trop de temps, alors que le développement créatif du jeu prend infiniment plus de temps que les quelques efforts nécessaires (et souvent une seule fois) pour publier le jeu (comme j'en parlé ici)."
La différence, c'est que le développement créatif prend le temps que tu lui accordes (au rythme que tu souhaites, au moment que tu choisis) alors que la communication en convention se fait surtout la première année de parution et les week-end.
Si tu avais l'habitude d'aller en conv avant de publier, disons que cela ne change pas tes habitudes. Si comme moi, les week-end sont pour faire tout ce que je ne fais pas en semaine avec ma famille, c'est déjà une plus grosse contrainte. Alors que au contraire, passer des soirées à écrire des scéno ou à bidouiller des systèmes, je l'ai toujours fait. Donc ça ne change pas mon mode de vie en terme d'emploi du temps.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Eliandrana » 14 Nov 2012, 14:43

Superbe exposé, très clair et qui va vraiment aider ceux qui veulent se lancer.
Ca donne presque envie de s'y mettre tient.

Enfin c'est bien triste que pour le jeu de rôle comme pour la littérature notre société ne permette pas d'en vivre (où ne le permette qu'à quelques rares élus qui ont un talent exceptionnel et/ou un excellent réseau et/ou une chance monstrueuse). Mais c'est un autre débat.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Frédéric » 14 Nov 2012, 14:43

Shiryu : si tu es publié chez un éditeur, tu devras tout de même partir faire les conventions pour promouvoir ton jeu. ;)
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par shiryu » 14 Nov 2012, 18:18

ouais, pas forcément, mon vrai nom est Joffrey Karl Roulinge. En jouant sur la police de caractère, ça peut faire un très beau J.K.Rowling qui se vendra tout seul, non ;) !
Sinon, le modèle du mondial de l'auto, avec des MJ féminines physiquement très investies par l'ouvrage, ça coûterait combien en terme de marge sur le chiffre d'affaire ?

Bon, j'arrête. Mais j'avoue que pour moi, c'est LE point noir et c'est pour cela que je verrai en premier ce qu'un éditeur peut gérer de ce côté là. Il reste néanmoins évident que c'est bien grâce à des posts comme celui de fabien (qui expose clairement ce que j'ai pu avoir par diverses discussions par MP avec vous) que j'ai osé me lancer pleinement dans mon jeu pour en faire quelque chose de diffusable, pas juste mettre au propre ce que je faisais chez moi pour moi. La solution de l'indépendance étant une voie valable, elle sera toujours une option sérieuse si le reste foire (ou ne me propose rien qui me convienne).

Je serai donc curieux de voir les autres auteurs indépendants de silentdrift de poster un truc équivalent, pour comparer les méthodes ou simplement pour avoir d'autres chiffres et nuancer le point de vue de Fabien. Evidemment, si un éditeur passe par là et peut présenter un petit bilan de répartition des dépenses et des recttes, ça serait super. Mais que je sache, aucun auteur de jdr ne vit de ça (en france comme dans le monde). Au mieux, ça rapporte un salaire sur une courte durée mais ça s'arrête plus vite que la conception (John wicks abordait cela dans dirty MJ où il disait qu'il y avait des mois de disette et qu'il était obligé d'avoir des petits boulots pour payer les factures).
Et même chez un éditeur, le prix de l'heure de travail sera toujours inférieure au SMIG.

Petite question sur le modèle économique : un jeu, ça se vend sur combien de temps ? J'ai bien compris que le principe en sortant d'autres jeux, c'est qu'en convention, vous pourrez promouvoir aussi les anciens et donc relancer la vente. Mais je pense aussi qu'à un moment, les clients que vous aurez sur vos futurs jeux seront ceux qui connaîtront les anciens (vous aurez acquis votre clientèle).
Voilà, quelques remarques sur des choses qui pourront aussi vous intéresser et donc à essayer d'évaluer sur vos futurs conventions.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Thomas Munier » 14 Nov 2012, 22:18

Encore merci pour toute cette transparence, Fabien.

Tout ceci me fait progresser dans ma réflexion personnelle. Même si n'ayant pas les mêmes objectifs et pas les mêmes ressources que toi, j'ai une stratégie de diffusion assez différente (notamment parce que j'achèterai pas de stocks de mes livres et que je souhaite pas faire de conventions en dehors de ma région). Je détaillerai ça prochainement dans un fil dédié.
Millevaux. Post-apocalyptique. Forestier. Sludgecore.

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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par shiryu » 15 Nov 2012, 09:10

je veux bien car ça m'intéresse beaucoup (de ne pas faire de conventions, quoique bizarrement, si je devais en faire, j'en ferai loin de chez moi, histoire de rencontrer des gens qui habitent loin donc que je n'ai pas l'occasion de voir souvent, ou de faire passer un w-e à ma famille dans un coin sympa au moins)
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Thomas Munier » 15 Nov 2012, 13:04

Je vais réagir plus en détail, au regard de mon expérience personnelle (très récente en ce qui concerne l'autoédition, puisque j'ai publié mon premier livre, Musiques Sombres pour Jeux de Rôles Sombres le 1er octobre 2012 :

- Je suis d'accord avec Fabien pour dire que la pagination A5 est la plus économique sur Lulu.com, après avoir même fait quelques essais. ça signifie qu'il faut voir la maquette en fonction. Personnellement, j'ai vu un avantage énorme à remaquetter en A5 : On peut se passer de découper le texte en colonnes. Et les colonnes, quand on maquette soi-même avec un savoir-faire limité (je maquette sous Libre Office, ou Gimp avec assemblage des pages JPG sous Scribus, et bien sûr je me suis autoformé sur ces logiciels), c'est une horreur à faire. On peut aussi se passer des encadrés, puisqu'il est aussi facile de mettre du texte en valeur par des espaces. Les encadrés étant le deuxième truc horrible à maquetter.

- Je suis d'accord avec Fabien pour dire que le temps d'autoédition n'est rien comparé au temps de développement. En fait, il s'agit surtout pour l'auteur de juger son jeu prêt et de lever un blocage. Narbeuh a longtemps diffusé son jeu Terra Incognita sur Lulu avant de le faire éditer par les XII Singes. Donc, pour les auteurs indépendants qui hésitent encore, dites-vous bien que vous pouvez utiliser Lulu pour faire des ashcans (tirages d'essai à l'intention des MJ playtesteurs ou prescripteurs) et ensuite faire autant de rééditions que vous voulez. (Ainsi, j'ai corrigé des coquilles sur Musiques Sombres un mois après sa sortie). Et qu'au final, ça ne vous ferme pas les portes de l'édition traditionnelle. Au contraire, je suppose qu'un éditeur sera d'autant plus enclin à vous faire confiance si vous avez déjà connu un succès d'estime sur Lulu.com.
Retenez qu'à partir du moment où votre maquette est calée, il vous faut moins d'un quart d'heure pour publier sur Lulu.
C'est tellement facile qu'en ce qui me concerne, je publie un livre par mois (je viens de sortir un roman, La Guerre en Silence, au début du mois, et je sortirai un recueil de nouvelles de SF rurale, Glossos, le 1er décembre). Chose qui serait absolument inconcevable dans l'édition traditionnelle.

- Je serais curieux de savoir le nombre de conventions et le kilométrage en cumulé que tu prévois pour ton année de tournée Monostatos, Fabien. A titre de comparaison, j'ai prévu pour l'année scolaire 2011/2012 : 6 conventions sur trois villes, Vannes (ma ville de résidence), Rennes et Nantes (deux autres villes bretonnes à 100 km de Vannes). Deux fois Vannes, deux fois Nantes, deux fois Rennes, ça fait 800 km de trajet. Avec ma petite voiture qui fait 5 L de Ethanol 10 au 100, ça fait 1.5 * 5 * 8 = 60 €. Je retire un défraiement Vannes-Rennes (15 €), ça me fait 45 € de frais à l'année pour les conventions. Soit 9 exemplaires de Musiques Sombres car pour l'instant, je me fixe une marge de 5 € par livre.
Je ne compte pas la bouffe car l'orga me l'a toujours défrayée, et pas le logement car je dors chez moi ou chez des amis.

Je limite mes conventions pour trois raisons : financière / familiale / temporelle. Financière parce que je suis un mauvais vendeur, donc je ne suis pas certain de vendre sur place assez de livres pour me rembourser le déplacement (la preuve : je n'ai vendu aucun livre en 3 conventions). Temporelle parce qu'une convention me coûte un week-end et même plus (préparation, trajet, temps sur la conv, couchage, retour de partie, récupération). Etre auteur est mon deuxième métier (je fais partie des écrivains doubles-actifs dont parle Fabien), donc un week-end de travail c'est précieux. Familiale parce que ma femme est non rôliste et ne m'accompagne pas sur les conventions. Je ne tiens pas à être absent un week-end sur deux.

Le fait d'être double actif est la première chose qui me pousse à limiter les conventions (bien que je reconnaisse leur impact positif sur les ventes, les chiffres de Fabien parlent, et je connais d'autres exemples). La deuxième est que je suis toujours en train de développer quelque chose. Hier Musiques Sombres, aujourd'hui le livre source de Millevaux, demain d'autres suppléments Millevaux. J'ai besoin de temps pour ça. Il me semble que Fabien (corrige-moi si j'interprète mal tes dires), même s'il a d'autres projets sur le feu (Org, Esthétique Signifiante), a prévu de se focaliser sur la promotion de Monostatos pendant une année scolaire. Selon cette optique, la convention devient un réel temps fort de son projet pour 2011/2012.
Millevaux. Post-apocalyptique. Forestier. Sludgecore.

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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Lionel (Nonène) » 15 Nov 2012, 14:44

Merci Fabien, ton explication est très intéressante et parle d'elle-même. Je peux apporter un éclairage sur certains points.

Tout d'abord, je m'adresse aux personnes qui ont réagit à ton explication :

Frédéric a écrit :Shiryu : si tu es publié chez un éditeur, tu devras tout de même partir faire les conventions pour promouvoir ton jeu. ;)


Arrêtez de parler des éditeurs en en faisant une généralité, c'est agaçant à la longue. Ils sont tous différents !!! Footbridge n'attend pas sur ses auteurs pour faire la promo de ses jeux (Théocali par exemple). D'autres défraient totalement les auteurs : déplacement et hébergement, je pense à Agate édition pour Esteren.
Il y a quelques éditeurs qui profitent des auteurs mais ils sont très rares.
Pour Romance érotique et tous les autres jeux, je n'ai aucune obligation d'aller en convention et ce n'est pas une condition sine qua non pour vendre mon jeu : en terme de nombre, les ventes en convention sont du peanut par rapport aux ventes en magasin.
Et lorsque je fais des ventes en convention, je fais des marges comparables à celles de Fabien : 43 % du prix de vente pour RE le livret, 46 pour le collector. Si l'on compte les droits d'auteur, on arrive à près de 50 % pour le livret.

shiryu a écrit :Je serai donc curieux de voir les autres auteurs indépendants de silentdrift de poster un truc équivalent, pour comparer les méthodes ou simplement pour avoir d'autres chiffres et nuancer le point de vue de Fabien. Evidemment, si un éditeur passe par là et peut présenter un petit bilan de répartition des dépenses et des recttes, ça serait super.


Je l'ai fait : viewtopic.php?f=22&t=2581

A présent, je vais essayer de donner des éléments à Fabien.

Fabien | L'Alcyon a écrit :Mon revenu par exemplaire
Un exemplaire de Monostatos vendu de la main à la main (convention, etc.) me rapporte donc entre 7€63 (commande 1), 7€51 (commande 2) et 8€47 (commande 3), soit respectivement, 51%, 50% et 56% de marge nette.
Un exemplaire de Monostatos vendu sur Lulu me rapporte donc 6€70, soit 45% de marge nette (mais je n'ai pas à faire de commercialisation, contrairement au précédent).
Dans tout ceci, je compte bien l'ensemble de coûts variables, mais pas les coûts fixes qui restent à payer.
A nouveau, j'aimerais qu'on puisse comparer cela à ce que gagne un auteur non-indépendant, afin d'avoir un vrai débat sur ce que rapporte l'indépendance, mais on ne dispose d'aucun chiffre fiable.


Je te renvois à mon post sur Romance érotique, mais je t'accorde que c'est un peu le bordel dans la présentation et que le modèle économique en est assez complexe (au point que je m'emmêle les pinceaux parfois).

Alors je vais te parler de Billet Rouge (format comparable et prix de 15 €) :
- Aucun investissement pour la publication (tout à la charge de l'éditeur) si on ne fait pas de vente directe
- 17% du prix HT, ça doit faire dans les 2.40 €. C'est ce que touchent les auteurs et illustrateurs sur chaque exemplaires vendus par l'éditeur.
- Si on se bouge pour aller faire de la vente directe, on se fait 6.50 € (marge de 43%) sur chaque exemplaire sans les droits d'auteur et 8.90 (59%) si on les compte.
- Investissement pour un stock de 26 exemplaires : 220.80 € (dans ce cas il faut considérer la marge à 59 %), 156,4 € si l'on soustrait les droits d'auteur (marge à 43%).

J'ajouterais que le matériel de promotion (Affiches, capotes, cartes collectors de Billet Rouge, etc.) sont aux frais de l'éditeur.

La première chose que je constate, c'est que pour un éditeur/auteur indépendant et un auteur indépendant, les marges dans la vente directe sont totalement comparables (c'est entre 60 et 40 % du prix, ça se confirme pour d'autres jeux de ForgeSonges dont je ne peux publier de chiffres plus précis sans autorisation).
Concernant la marge dans le réseau de distribution (pour toi, c'est une vente par lulu, pour Billet Rouge, c'est la vente en boutique) :
- Tu gagnes 6.70 € pour un prix TTC de vente de 20.82 € (je prends ce prix qui est finalement ce que débourse le client), ça représente 32% de l'argent dépensé par l'acheteur reviennent dans ta poche (je trouve exagéré ton calcul qui ne prend pas en compte le prix global).
- Sur Billet Rouge, sur une dépense de 15 € de l'acheteur en boutique, 15 % revient à l'auteur (ne sachant pas le prix HT, je fais à la louche vers le bas).

Donc, on est sur un bénéfice du simple au double : tu gagnes deux fois plus sur un exemplaire vendu sur lulu que les auteurs de Billet Rouge pour un exemplaire vendu en boutique.

Par contre, un jeu vendu en boutique est mieux distribué, plus accessible que sur lulu. Les ventes sont bien meilleures, c'est également du simple au double (si Billet Rouge marche mal) ou plutôt le triple voir quadruple. (on peut raisonnablement espérer des ventes de 300-400 exemplaires, ce sont le nombre approximatif de vente de Romance érotique à ce jour).
Par contre, tes ventes directes en convention ne sont pas freinés par des ventes en boutique. Tu as un potentiel de vente directe plus important d'autant plus que le prix d'achat est inférieur de manière conséquente par rapport à celui sur lulu (des gens pourraient hésiter à acheter sur lulu sachant que tu viens à une convention près de chez eux).

Tout en restant sur des projections à la louche car nous n'avons pas tous les chiffres finaux de vente et parce que tous les jeux sont différents, ton modèle avec lulu te permet de gagner autant d'argent qu'un auteur (ou un groupe d'auteur) qui est chez un éditeur.

Nous avons beaucoup parlé des auteurs et de leur marges et je constate que finalement ça se vaut financièrement. Mais je pense que la réflexion est incomplète si on ne parle pas de la marge qui ne revient pas à l'auteur ou auteur/éditeur indépendant.
Où va l'argent qui ne nous revient pas (si on excepte la TVA) ?
Dans ton modèle, l'argent revient en grande partie à lulu et un petit peu à la poste ou UPS.
Dans le modèle de Billet Rouge, le reste de l'argent se partagera entre l'éditeur, le distributeur et le magasin.

Et pour moi, cette différence est essentielle... Lorsque l'on élargie la réflexion à la niche économique du JdR, on se rend compte que le modèle Billet Rouge apporte globalement plus à l'ensemble du milieu du JdR : ça entretient le réseau de points de vente de JdR. Ca permet également aux éditeurs de faire un bénéfice qui leur permettront d'avoir plus d'ambition pour leurs futurs projets, qui seront peut-être ceux des auteurs (promotion, qualité du papier, traduction, etc.)

Nous avions évoqué ces éléments sur un ancien post du forum (je ne sais pas lequel), mais voici mes réserves concernant le modèle de l'impression à la demande de type lulu :
1) En dehors des marges de l'auteur, l'argent revient à des structures qui se fichent du JdR et de l'avenir de votre produit (c'est la taille du catalogue qui compte).
2) Lulu ne s'en met pas plein les fouilles, c'est faux. C'est la méthode de l'impression à la demande qui est onéreuse donc qui réduit les marges de tout le monde : personne ne prend de risque donc l'espoir de gain est également limité.

Si un site d'impression à la demande spécialisé en JdR existait en français, je réévaluerais mon jugement.

Pour ma part, je ne peux pas m'empêcher de réfléchir en terme de part du gâteau.

---

Donc voici ma réflexion concernant ton modèle économique :

- Je suis vraiment impressionné par l'importance de la marge qui est possible par le print on demand. Je ne m'étais jamais intéressé de près à ce modèle et j'imaginais que les marges étaient inférieures. Tu as trouvé un modèle économique qui est vraiment pas mal du tout pour toi et qui demande peu d'investissement financier.
- Par contre, je constate que bien qu'auteur/éditeur, ton espérance de gain est celle de l'auteur seulement et que tu n'as pas la marge éditeur (mais c'est normal en même temps, tu ne prends pas le risque financier d'éditeur.) En ce sens, ton modèle économique est très différent de celui de Romaric qui cumule l'un et l'autre (viewtopic.php?f=22&t=1990).
- Ton modèle économique est viable pour toi mais par contre il n'apporte (quasi) rien financièrement à la niche économique du JdR. Cela signifie que tu es très isolé dans ta promo (personne d'autre pour faire de la promo si ce n'est tes fans) et pour vendre à d'autres conventions et améliorer ta distribution, tu devras encore une fois rogner sur tes marges. Pour ma part, je sais que quasi toutes les boutiques de JdR de France et de Navarre proposent mes jeux à la vente, certains mettent même Romance érotique en avant dans leur magasin alors que je ne les connais même pas. Je peux également compter sur l'implication d'un éditeur qui a fait faire des affiches et des goodies de promo, il va également faire la promo de mon jeu.

Mais tu as l'indépendance, et je sais qu'à tes yeux ça n'a pas de prix. Les comparaisons non-financières dépendent donc de chacun.

Fabien | L'Alcyon a écrit :Ventes
Au total, au moment où j'écris (13 novembre, soit 54 jours après la publication du jeu), j'ai donc vendu un total de 75 exemplaires de Monostatos. 28 par Lulu et 47 de la main à la main (dont 24 à OctoGônes, 4 à L'Atelier du Jeu de Rôle et 11 aux Joutes du Téméraire). J'en ai acheté 3 pour moi (1 pour jouer, 2 pour offrir) et j'en ai distribué 7 comme exemplaires presse. Il y a donc 85 exemplaires de Monostatos dans le vaste monde.
C'est certainement un chiffre humble pour un jeu de rôle en général, sans doute un peu plus admirable pour un jeu de rôle indépendant.


Effectivement, les ventes globales ne sont pas comparables aux ventes de jeu qui sont dans le circuit traditionnel de distribution (le triple ou quadruple). Par contre, tes ventes directes en convention sont vraiment excellentes à peu près le double d'une vente normale en convention pour un jeu dans le circuit.
Quand as-tu vendu les 11 exemplaires aux Joutes ? Le dimanche ? Me feras-tu regretter d'être reparti le samedi soir ?

---

Tu peux prendre mes réflexions comme tu veux. J'espère qu'elles pourront nourrir ta réflexion sur tes prochains projets JdR.
Souvent, vous ne connaissez pas les chiffres concernant l'édition "non-indépendante" mais vous pouvez me demander je peux vous répondre. Ca peut servir d'avoir un traitre à la cause qui traine par ici ;-D.
Lionel (Nonène)
 
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Fabien | L'Alcyon » 15 Nov 2012, 15:02

Salut à toutes et à tous,

Merci pour ton message Thomas. Pour détailler un peu plus mon programme de conventions, voici comment ça se passe.
Donc, comme je l'ai déjà dit, je sélectionne soigneusement les conventions où je me rends avec un ensemble de critères:
  • est-ce que la convention va faire assez parler de moi pour me permettre de rembourser mes frais (essentiellement: mes billets de train) ? c'est moins une question de taille qu'une question d'accueil: une petit convention peut faire venir beaucoup de monde pour s'intéresser à votre jeu et une grande convention peut vous accueillir très mal ; c'est entre autre pour ça que le fait d'être invité à me déplacer par les organisateurs est un signe positif (mais ça ne fait pas tout)
  • est-ce que j'ai le temps ? est-ce que j'en ai l'énergie ? comme je l'ai déjà dit, c'est vraiment mon problème principal et c'est surtout ce qui me retient en ce moment de programmer d'autres conventions
  • qu'est-ce que j'ai quelqu'un pour m'accueillir sur place ? je ne peux pas me déplacer si je dois en plus payer un hébergement, là il n'y a plus de rentabilité possible
  • est-ce que la convention va faire parler de moi au-delà des ventes prévues ? dans les coins où je ne suis jamais allé ou très actifs en jdr, ça vaut la peine de m'y rendre pour faire parler de mon jeu, même si je peux prévoir que la convention sera à perte
Evidemment, si une convention me paye l'aller-retour (ça n'est jamais arrivé jusque là), je ne vois aucune raison de refuser, mis à part une grande fatigue ou un week-end déjà occupé. Organisateurs de convention, n'hésitez pas à m'inviter ! :)

Donc, jusqu'ici, j'ai prévu quatre événements:
  1. OctoGônes (octobre, Lyon)
  2. L'Atelier du JdR (novembre, Paris)
  3. les Joutes du Téméraire (novembre, Nancy)
  4. le Don Des Dragons (décembre, Strasbourg)
Mes billets de train m'ont coûté (carte de réduction 12-25 inclus): 61€ pour Lyon, rien pour Paris (j'y habite), 66€ pour Nancy, auxquels il faut rajouter 18€ de changement de billets et 47€ pour Strasbourg. Soit un total de 192€ (en prenant en compte que le DDD n'est pas encore passé). Donc je me suis remboursé largement avec mes autres ventes. En dehors de Nancy, j'ai toujours bénéficié du fait qu'étant doctorant, je choisis les horaires auxquels je travaille et donc que je peux partir tôt.
Jusque là, je ne comptais pas faire d'autres événements, à nouveau pour des questions d'énergie et de temps, mais aussi parce que j'aurai rapidement atteint mon objectif de 100 exemplaires vendus. J'hésite à programmer d'autres conventions, mais je ne pense pas qu'il y en aura beaucoup après décembre (sauf si on m'invite, à nouveau je suis prêt à venir sans problème si je ne cours aucun risque). Je suis toujours en train de développer de nouveaux jeux, mais je parle peu des tests que je fais - beaucoup ont foiré, comme souvent au début d'un projet. Je passe beaucoup de temps à écrire, ce qui me permet de me ressourcer.

Question de Shiryu:
Petite question sur le modèle économique : un jeu, ça se vend sur combien de temps ?

Aucune idée en ce qui me concerne, je manque de recul pour te répondre. Romaric dit qu'il continue de faire des ventes dans le temps, mais il a le podcast de la Cellule qui fait parler de lui. Une de mes espérances est que les jdr indépendants soient des « long-seller » par opposition aux « best-seller ». Le best-seller, c'est le bouquin qui se vend très bien sur une courte période de temps mais qui tombe dans l'oubli ensuite (il suffit de se rendre à la FNAC la plus proche pour en trouver des exemplaires au kilomètre). Le long-seller, c'est le bouquin qui se vend peu mais constamment et sur le long terme, et qui développe un lectorat qui n'est pas fondé sur l'effet de mode. Ce modèle est hautement menacé par les logiques économiques du livre actuel (quoi qu'Amazon fasse changer la donne). Dune de Frank Herbert est un exemple-type de ce fonctionnement et ne parviendrait plus à percer aujourd'hui. Lulu nous donne justement la possibilité d'exister sur le long terme, voilà également pourquoi je fais très attention aux questions de long terme et de conservation.
On se reparle dans quelques années, j'en saurai plus à ce moment.

EDIT: Lionel, nous avons écrit nos messages en même temps. Je vais prendre le temps de te lire.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Fabien | L'Alcyon » 15 Nov 2012, 21:37

Salut Lionel, merci beaucoup pour cet apport ! Tu réponds à pas mal de mes questions, ça alimente ma réflexion.

Pour te répondre, je voudrais te proposer un autre angle de vue sur un point que tu soulèves.
Lorsque l'on élargie la réflexion à la niche économique du JdR, on se rend compte que le modèle Billet Rouge apporte globalement plus à l'ensemble du milieu du JdR : ça entretient le réseau de points de vente de JdR. Ca permet également aux éditeurs de faire un bénéfice qui leur permettront d'avoir plus d'ambition pour leurs futurs projets, qui seront peut-être ceux des auteurs (promotion, qualité du papier, traduction, etc.)
[...]Dans ton modèle, l'argent revient en grande partie à lulu et un petit peu à la poste ou UPS.
Dans le modèle de Billet Rouge, le reste de l'argent se partagera entre l'éditeur, le distributeur et le magasin.

Effectivement, il y a 4€21 (impression) + 2€17 (commercialisation par Lulu) = 41% d'une vente par correspondance qui revient à Lulu, mais n'oublions pas les 2€ (soit 13%) qui reviennent à l'illustrateur.
Maintenant, j'ai bien compris ton point de vue, mais est-ce que c'est notre rôle d'auteurs que de soutenir les points de vente et les distributeurs ? Si on se place dans une position plus militante, en quoi est-ce que les supporter aide le jeu de rôle, au sens où ça améliorerait la pratique de jeu et/ou où ça améliorerait les jeux créés ? OK, ils rendent le jdr plus accessible, mais il y a d'autres moyens moins coûteux pour y arriver, si tu veux aller dans ce sens. Je serais plus enclin à les soutenir s'ils étaient vraiment prescripteurs, c'est-à-dire s'ils ont la volonté de faire découvrir à leurs clients les jeux de rôle qui pourraient les intéresser, s'ils voulaient soutenir des coups de cœur, etc. (comme le font beaucoup de libraires indépendants en littérature). Pour le moment, je n'ai pas la sensation que ce soit le cas (mais je suis peut-être tombé sur de mauvaises boutiques). Je reconnais volontiers qu'il y a des exceptions : une boutique m'a par exemple proposé de distribuer Monostatos chez eux, ce qui me pousse à accepter parce que ça montre de la curiosité pour le jeu et une envie d'en faire découvrir d'autres.

Par ailleurs, tu dis:
voici mes réserves concernant le modèle de l'impression à la demande de type lulu :
1) [...]
2) Lulu ne s'en met pas plein les fouilles, c'est faux. C'est la méthode de l'impression à la demande qui est onéreuse donc qui réduit les marges de tout le monde : personne ne prend de risque donc l'espoir de gain est également limité.

Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je n'ai jamais dit que Lulu s'en met plein les fouilles, et même si c'était le cas, je ne comprends pas quel est le lien avec les avantages que Lulu nous offre. Je ne comprends pas non plus ton raisonnement dans ta deuxième phrase. Peux-tu développer (si tu juges que c'est important/ça en vaut la peine) ?

Et concernant les Joutes, j'ai vendu 5 exemplaires le samedi et 6 exemplaires le dimanche, principalement en fin de journée, j'ai l'impression que les gens faisaient leurs achats avant de partir.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Lionel (Nonène) » 16 Nov 2012, 00:32

Non, tu n'as pas dit que lulu s'enrichissait au détriment de quelqu'un. J'ai écrit ça pour que ce soit bien clair que je pense la même chose : ce n'est pas lulu qui bouffe une partie de la marge mais le système d'impression.

Je vais développer car c'est fondamental pour comprendre la principale différence entre l'impression à la demande et l'impression par un éditeur classique. Chaque exemplaire de Monostatos coute 4€21 à l'impression ce qui est peu cher pour une impression presque au coup par coup mais les coûts sont bien inférieurs si on fait une commande d'impression plus importante. J'ai un projet de supplément JdR qui a une taille comparable à Monostatos (c'est le même format que Billet Rouge à peu de chose prêt). Un tirage de 500 exemplaires revient à 1.39 € l'unité (imprimé en France), ça fait 3 fois moins cher (2.80€ moins cher l'exemplaire). Finalement, le revenu tient en grande partie à cette différence : l'optimisation des couts.

En réalité, comme éditeur "L'Alcyon", tu payes chaque exemplaire 4.58 € à Lulu (quand tu as le maximum de réduction). Finalement, un éditeur vend ses exemplaires à environ ce prix là (vente au distributeur à environ 1/3 du prix de vente) et il arrive à faire un bénéfice. Donc au final

Imagine que tu avais trouvé un imprimeur qui t'aurait fait un prix de 2 € l'unité pour 100 exemplaires , tu aurais eux un investissement de 200 € (ce qui est relativement léger surtout si l'on prend les investissements que tu as fait dans tes achats à lulu, ta dernière commande est proche de ce chiffre). Avec une vente directe de 50 exemplaires à 15 €, tu aurais fait un chiffre d'affaire de 750 € : Bénéfice de 550 €. Si on enlève les 2 € de l'illustrateur : 450 €.

Ca signifie que tu aurais eu le même revenu en faisant une impression de ce type qu'avec lulu (si je prends les chiffres que tu donnes car tu as oublié de déduire le prix des exemplaires non vendus chez toi dans ton revenu, en réalité tu as fait 342.42 de bénéfice si on enlève la valeur des 23 exemplaires qu'il te reste de la 3ème commande). La différence aurait été que tu aurais encore 50 exemplaires en stock chez toi que tu as déjà amorti. (chaque vente supplémentaire directe te rapporte 15 € net - 2€ illustrateur).

L'autre différence aurait été que le jeu n'aurait été pas en boutique lulu. Donc 25 ventes en moins... Mais tu aurais pu laisser en dépôt vente une trentaine d'exemplaires à une boutique en ligne qui aurait l'exclusivité de la vente en ligne de ton jeu (si on parle d'exclusivité à un vendeur, généralement il est très ouvert). Donc avec un peu de méthode, il est possible de trouver des solutions aussi pratiques que lulu pour la vente en ligne.
Si l'on imagine que les ventes en ligne par une boutique de JdR aurait été les même que sur lulu, et que tu vendais à la boutique ton jeu à 8€ (qui est un prix très bas pour une boutique), elle l'aurait vendu 15 € TTC + les frais de port (comme sur lulu). Tu aurais fait un bénéfice supplémentaire de 25x8€, soit 200 € (-50€ illustrateur).

Total 600 € + 20 exemplaires en rab chez toi et 5 € en rab chez le magasin. Avec les 23 exemplaires qu'il te reste chez toi, c'est comparable.

Si tu vends tout et la boutique également, tu aurais fait un bénéfice de 890 € pour un risque financier de 200 €. Arrondissons à 800 si l'on compte les exemplaires de presse et le vole.

Si tu vends tous tes exemplaires des trois commandes, tu arrives à un bénéfice de 641.42 €.

Effectivement, on est toujours plus intelligent après coup mais je voulais juste te montrer qu'au final la méthode classique n'induit pas forcément des gros risques. Et c'est le moyen d'empocher : le bénéfice de l'éditeur, l'auteur et le distributeur (pour un seul envoi à une boutique en ligne). Bien que le

J'ajouterais que si tu offres une exclusivité à une boutique et une marge de 46 % à une boutique (ce qui est clairement inespéré pour elle), tu gagnes un partenaire motivé à mettre en avant ton jeu. Il t'offrirait une meilleur couverture en tout cas que lulu.

Quand le jeu est épuisé, tu peux réévaluer une nouvelle impression ou le proposer sur lulu si les ventes faiblissent.

C'est à peu de chose près le système de Romaric pour Sens (sauf que c'est lui qui fait les ventes en ligne). La différence c'est que ton jeu fait moins de pages (3.5 fois moins minimum) donc le prix d'impression est diminué d'autant voir plus car il est plus facile de trouver des imprimeurs pour 100 pages que 400, sans compter que Rom en imprime par tranche de 60 (donc moins de masse). Donc il doit sans doute être possible d'avoir une impression à 2 € ou max 2€50 l'exemplaire.

Je ne remets pas en question ton modèle qui est finalement viable et qui te satisfait. J'essaye juste d'expliquer la méthode qui est la plus courante et je montre qu'il peut avoir des avantages.
Les éditeurs traditionnels (et certains éditent leur propre production donc sont auteurs indépendants) utilisent cette méthode avec succès sauf qu'ils se basent sur d'autres chiffres : plus grand nombre d'impression d'un coup et plus de ventes assurées (car distribuées en boutique). Plus la masse est petite, plus la différence avec lulu est petite mais je pense que même à ton échelle, ça fait une différence non négligeable sans prendre de risque inconsidéré, sans être encombré par des gros cartons (100 ex. de 100 pages, c'est pas énorme) et sans devoir faire de la vente en ligne toi-même.

Pour ce qui est l'avantage de soutenir des boutiques et des distributeurs, je vais répondre par MP.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par Fabien | L'Alcyon » 16 Nov 2012, 12:10

OK, merci Lionel pour ces apports.

Puisqu'il semble nécessaire de préciser ma position par rapport aux distributeurs et aux boutiques, c'est simplement que je ne me sens aucune obligation envers eux. Je fais mon travail d'auteur, ils font leur travail de distributeur, et si on peut trouver des terrains d'entente on bosse ensemble et c'est chouette. En attendant, je ne me sens aucune obligation envers eux, de la même manière qu'ils n'ont aucune obligation envers moi, donc je construis mon modèle économique sans avoir le sentiment de leur devoir quoi que ce soit. Et à nouveau, il y a des boutiques qui font un travail formidable, que j'aime et tout, et c'est super qu'il y ait des passionnés parmi eux qui veulent soutenir le monde du jdr, comme c'est super qu'il y ait des auteurs passionnés qui veulent soutenir le monde du jdr. Merci de votre attention.
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Re: Monostatos et l'argent: un modèle économique qui marche

Message par shiryu » 17 Nov 2012, 00:34

merci bien lionel pour ton intervention et merci aussi pour les liens (je les avais lu mais à l'époque, je ne me sentais pas vraiment concerné par la question).
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